Le Marais des Précieuses
Le salon de Sapho, rue de Beauce, où les beaux esprits se rencontrent pour parler damour
Au 17e siècle, les Précieuses portèrent aux nues le bel esprit lors de réunions appelées ruelles où lon écrivait et récitait des poèmes. Les Précieuses, ridicules pour Molière, cultivaient une sorte de raffinement extrême, en particulier au niveau du langage mais aussi dans le comportement. La plupart du temps tenus par des femmes, les salons qui affichaient une forme de féminisme avant lheure, ou du moins un refus de la supériorité masculine, accueillaient cependant quelques messieurs. Madeleine de Scudéry fut lune des représentantes les plus actives et brillantes de cet âge dor de la femme intellectuelle. Ecrivain de talent sous un pseudonyme masculin, elle tint des propos très durs à lencontre de linstitution du mariage, quelle qualifiait de tyrannie et resta célibataire toute sa vie.
Rue de Beauce dans le 3e arrondissement, ce sont les « samedis de Sapho », le surnom de Madeleine qui drainaient ce que Paris comptait de beaux esprits. Mlle de Scudéry et ses amis, parmi lesquels de grandes figures européennes, ont contribué à lenrichissement de la langue française et à la création dune image qui persiste aujourdhui, celle dun Paris au rayonnement culturel mondial incomparable.
Madeleine avait créé un pays imaginaire, le Tendre, qui symbolise les phases du sentiment amoureux. La Carte du Tendre dessinée à lépoque nous indique notamment que pour se rendre de Nouvelle Amitié à Tendre sur Respect, lon doit passer par Sincérité et Exactitude, tandis que les villages de Négligence et Tiédeur nous font échouer sur les rives du Lac dIndifférence. A méditer