Le théâtre de la Gaîté Lyrique
Bâti en 1861, ce théâtre
porte à ses débuts le nom de "théâtre du
Prince impérial" et vient remplacer un premier
théâtre, celui de la Gaîté, construit en
1792 sur le boulevard du Temple et détruit lors du
percement du boulevard Voltaire. Le théâtre Lyrique
municipal de la Gaîté, situé à
proximité du boulevard Sébastopol, est contemporain
des théâtres de la place du Châtelet.
Edifié par Alphonse Cusin, il dresse sa façade
monumentale aux ornements polychromes qui décorent les
cinq arcades à bossages du rez-de-chaussée et de la
loggia. Les arcs retombent sur des colonnes et des pilastres
de marbre rouge à chapiteaux de bronze. Le programme
iconographique des sculptures de la façade est lié
au monde du théâtre. Sur la corniche sont
placées les uvres de Gaudin et Doublemard
symbolisant le Drame et la Comédie.
Dans les combles, des pilastres cannelés séparent
trois groupes de fenêtres géminées
cintrées.
Le théâtre connaît ses heures de gloire durant le Second Empire. Offenbach en assure en effet la direction pendant six ans : opérettes et musiques dites "légères" sont fréquemment jouées dans la grande salle circulaire ornée d'une coupole. En 1918, les Ballets Russes de Serge Diaghilev s'y produisent. Fermée depuis 1989 suite à la faillite du centre récréatif pour enfants la "Planète magique", on déplore la destruction de son décor intérieur : foyer et salle à l'italienne. Bertrand Delanoë, maire de Paris, souhaite que ce théâtre rouvre enfin et soit un lieu dédié aux nouvelles musiques et technologies.