L’église Arménienne : dépouillement et majesté
La Cathédrale Sainte Croix de Paris des
Arméniens catholiques est un lieu à
lécart que le promeneur pénètre dans le
recueillement. Située 13, rue du Perche, elle est
pourtant en plein cur du Marais.
En 1623, le prêtre Athanase Molé crée un
couvent de lordre des Capucins dans le Marais. Il
trouve place au début dans une petite partie du
bâtiment actuel et reconvertit une salle alors
dédiée au Jeu de Paume, à la prière.
Après la Révolution, les Capucins sont
chassés et lEglise devient une paroisse de
lordre de Saint-Jean-de-Grève, avant de devenir
une paroisse ordinaire. Aux environs de 1965,
léglise a été fermée. Or, la
communauté arménienne se trouvait à
létroit dans sa chapelle du 5e arrondissement
(aujourdhui transformée en centre culturel
arménien).
En 1970, Saint Jean de Grève lui est affecté par
la Ville de Paris, propriétaire de léglise.
Elle est alors rebaptisée Cathédrale Sainte Croix
des Arméniens.
Cest depuis lors que la rue du Perche résonne
chaque dimanche des chants liturgiques traditionnels,
hérités des rites orientaux et orthodoxes,
célèbres pour leur beauté, et des concerts y
ont lieu régulièrement. Elle détient 2 orgues
conçus par Cavaillé-Coll. Le grand orgue,
magnifique, domine la tribune.
De célèbres musiciens en ont joué depuis
1850, dont César Franck et Jules Massenet. Le petit
orgue se cache dans le chur, surplombé de 4
tableaux de Frère Luc (XVIIe), qui retracent la
création de lordre franciscain.
Léglise possède de très belles
uvres dart, comme une statue de Saint
François par Germain Pilon, autrefois
propriété du Louvre. Lun des autels
latéraux abrite une relique de Saint-François. A
admirer également, la tunique de prière de Sainte
Isabelle, moniale et sur de Louis IX, datant du XIIIe
siècle.
Une visite à léglise arménienne est une véritable incursion dans lhistoire à deux pas de lagitation citadine. A voir à loccasion de lannée de lArménie en France.