Voyages immobiles de la station Arts-et-Métiers
En octobre 1994, les usagers du métro
parisien ont découvert, à loccasion des
cérémonies du bicentenaire du Conservatoire national
des Arts-et-Métiers, une station entièrement
réaménagée. Le projet, imaginé et
réalisé par le dessinateur belge François
Schuiten, a fait lobjet dun partenariat entre la
RATP et le Musée des Arts-et-Métiers. Alors que le
musée refondait la présentation de lensemble de
ses collections en une vaste entreprise de restauration, la
RATP avait à cur de solliciter architectes,
artistes, scénographes pour transformer des lieux neutres
en espaces de vie à part entière.
La station Arts-et-Métiers transporte désormais le
voyageur dans une autre dimension. La voûte
constituée de plaques de cuivre rivées les unes aux
autres crée la sensation de changer despace et
permet de plonger à lintérieur dune
grande machine, sorte de Nautilus souterrain suggérant
lunivers de Jules Verne.
Dans son périple, lusager perçoit au plafond
de la station une série de rouages, autant de
mécanismes imaginaires prompts à déclencher le
goût dun voyage dans le temps.
De chaque côté de la station, une série de
hublots abritent de petites scènes, sortes
dantichambres du musée, qui évoquent les sept
domaines de ses expositions permanentes : instruments
scientifiques, matériaux, construction, communication,
énergie, mécanique et transports.
Un petit bijou, une surprise dans les déambulations
pressées des pratiquants du sacro-saint « Métro,
boulot, dodo ».