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Ces jeunes filles dans la tourmente

L’histoire du Lycée Victor Hugo révèle ce qui fut pour beaucoup un lieu d’apprentissage heureux et un havre de paix dans la tourmente de la Guerre.
Deux illustres se penchent sur son berceau. C’est Félix Faure, président de la République, et Raymond Poincaré, ministre de l’Instruction Publique, qui signent le décret l’instituant le 17 juillet 1895 et dont le nom est un hommage à l’écrivain disparu 10 ans auparavant.
Quand il ouvre ses portes, rares sont-ils à Paris à se consacrer à l’enseignement des jeunes filles. Il préparait au diplôme de Fin d’Etudes Secondaires ou au Brevet Supérieur. Le Baccalauréat étant alors réservé aux garçons. En 1914, le premier cours de latin est lancé et en 1917 la première classe de philosophie. En 1921, une de ses directrices souligne ce qui apparaît très tôt dans son histoire comme le défaut de ses qualités : l’espace. « Nous sommes enserrées entre des voisins illustres, avec qui nous faisons fort bon ménage, mais qui nous étouffent : l’Institut d’Histoire de la Ville de Paris et le Musée Carnavalet. »
Dans les années 1940, situé dans un quartier où vit une forte communauté juive, il symbolisera pour beaucoup de ses élèves un refuge dans les tourmentes de la Guerre. Annie Kriegel, historienne raconte : « le lycée avait alors une double qualité : il était immuable, il était clos. C’était en somme, dès lors qu’on y pénétrait, comme un chemin de retour qui attestait de ce que la vie antérieure continuait à exister quelque part à l’état latent. » Une autre de ses anciennes, Odette Niarfeix, qui dans son témoignage s’émeut du départ de trois de ses condisciples juives qu’elle ne reverra pas à la rentrée 1942, détaille ces temps d’Occupation : « C’était un temps de tristesse lourde, épaissie par le désespoir latent des Poilus de 14-18, et aggravée par l’arrogance des officiers allemands pour qui un séjour à Paris représentait la récompense pour faits de guerre, et qui se plaisaient à nous faire comprendre notre statut de vaincus. Je vivais le lycée comme un lieu protégé, un refuge où il était possible de ne plus penser à ses malheurs. »
Aujourd’hui mixte et ce, depuis les années 1970, les lycéens sont revenus sur les témoignages et les archives de leur lycée à l’occasion du bicentenaire de la fondation des lycées en 2002. Que Gabrielle Seibold, documentaliste, et Véronique Sot, professeur d’histoire qui ont lancé un projet d’édition de Mémoires d’un Lycée en soient ici remerciées.